L'OUBLI

 

Définition :

Phénomène complexe, à la fois psychologique et biologique, normal ou pathologique (dans ce cas, relevant de l'amnésie) qui se traduit par la perte progressive ou immédiate, momentanée ou définitive du souvenir.

 

Quand il est plus ou moins involontaire, l’oubli procède soit d’un défaut de mémoire, soit d’une négligence d’un manque d’attention, ou alors il présuppose un défaut de lucidité, de conscience.

Quand il est volontaire, l’oubli est le fait de ne pas vouloir prendre en compte quelqu’un ou quelque chose, d’écarter de sa pensée un objet de préoccupation ou de ressentiment.

Et, enfin, volontaire ou involontaire, l’oubli de soi-même est une disposition à faire acte d’abnégation, à négliger ses intérêts au profit d’autrui.

 

On peut aussi parler ici du déni, oubli ou non de faits qui nous dérangent, que nous ne voulons pas prendre en considération.

 

Oublier

Synonymes :

Laisser, désapprendre, effacer, noyer, abandonner, refouler, négliger, omettre, manquer à, enterrer…

Contraires :

Retenir, retrouver, se rappeler, se souvenir, revivre, revoir, aider, assister, voir, penser à, respecter, remâcher…

 

On peut aussi imaginer mettre dans des tiroirs nos souvenirs, agréables ou désagréables, ouvrir ou refermer ces tiroirs.

Parfois il y en a qui sont fermés à clefs, verrouillés ; la clef est perdue, elle peut ressurgir lorsque des évènements vécus nous rappellent des traumatismes passés.

D’autre fois, il est impossible de refermer ces tiroirs, les souvenirs nous envahissent alors, et il est très difficile d’en faire abstraction.

 

C’est mon inconscient qui décide, le souvenir n’est pas la mémoire…

 

Sur le refoulement

Si l’inconscient est une entité à part, imaginer qu’il puisse effacer de notre mémoire des souvenirs traumatisants ou des éléments révélateurs de notre profonde personnalité n’est pas étonnant. Les expériences traumatisantes peuvent être refoulées, c’est-à-dire qu’elles échappent à notre conscience mais qu’elles sont toujours présentes dans notre inconscient, permettant ainsi à certains de proposer des thérapies retrouvant cette mémoire qui nous échappe et qui est source de mal-être. La remémoration et la confrontation de ses souvenirs avec la réalité sont aussi censées avoir un effet thérapeutique.

 

Consciemment, avec un travail sur soi, je note qu’il est possible de revivre des évènements douloureux, en analysant et en changeant le regard posé sur son passé.

Plus précisément, le but pour moi, concernant les produits psychotropes, est d’intégrer leur nocivité, sans en faire une obsession. Vivre sereinement, sans frustration récurrente, changer de direction, modifier les paramètres de mon idée du bonheur et du plaisir, changer de mode de fonctionnement.

Revoir mes priorités, être ma priorité, ne pas m’oublier, comme j’ai pu le faire par le passé, arrêter de me sous-estimer, de me mal aimer.

 

L’oubli de moi-même a été facilité par la drogue et l’alcool, qui ont remplacé mon être intime ; je suis devenue le cannabis, je suis devenue l’alcool ; ils ont pris ma place et j’ai cessé d’exister. Je me suis mise entre parenthèse.

Malgré cela, ils m’ont permis de traverser une période très difficile de ma vie, survivre, en attendant la prise de conscience.

Pour vivre enfin, j’ai dû demander de l’aide, et me retrouvant en milieu médical, j’ai fait une biographie…ou plutôt, plusieurs biographies, au fil de mes différents séjours en cure. Et j’ai pu constater qu’à chaque nouvelle bio, des souvenirs remontaient à la surface, me permettant un regard différent sur ma vie passée, ses joies et ses traumatismes, les différentes causes de mon addiction.

Cela m’a permis l’indulgence, j’ai cessé de me juger si sévèrement, je me suis retrouvée, ou plutôt je me suis découverte, j’ai fait une rencontre magnifique, moi-même !

 

Et vous, qu’avez-vous décidé de sortir de l’oubli, que retenez-vous de votre rencontre… ?

Crocodilou