Au calme - Année 2015

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J’assiste avec application aux réunions de La Croix Bleue tout au long de l’année.

J’ai fait la connaissance de Ludovic Lang, qui anime le groupe avec bienveillance et discernement. Sa réflexion me fait murir, et j’envie son abstinence et sa sérénité.

L’idée d’une abstinence totale continue son chemin dans mon cerveau embrumé.

 

Parallèlement, je vais voir un hypnothérapeute qui pratique l’hypnose Ericsonienne. Après quelques séances, nous arrêtons l’hypnose, et il me fait dessiner sur différents thèmes. Je prends sur moi d’écrire sur mes dessins. Je dessine et j’écris, j’écris et je dessine …

Je raconte l’histoire de mon mal être, de mon addiction, de mon rapport au monde, à ma famille, à la Réalité, aux psychotropes.

 

C’est la conjugaison des réunions Croix Bleue et les séances chez l’hypnothérapeute qui fait que je m’inscris pour un séjour d’un mois dans un centre de soin en addictologie, Le CALME, à Illiers-Combray.

Je décide de me séparer des antidépresseurs que je prends depuis 17 ans, du cannabis, et du tabac, que je consomme depuis l’âge de 14 ans. Je suis dans ma 51ème année.

 

Il faut retirer remplir, et renvoyer un dossier assez conséquent. Il y a de l’attente, et je dois appeler tous les vendredis matins, pour continuer de réserver ma place.

Je fais mon entrée le 1er septembre 2015 au matin, j’ai fumé du cannabis toute la nuit.

 

On m’informe du déroulement de la cure :

Pas de téléphone portable, il y a un téléphone mural pour les 45 patients, disponible en soirée.

Pas de télévision, mais une cheminée.

Pas de chambre individuelle

Tutoiement pour tout le monde, même avec le personnel soignant.

Visites autorisées une fois par semaine

Pas de sortie les 10 premiers jours

Des séances de thérapie de groupe, de relaxations, et d’information sur le fonctionnement du cerveau avec les addictions.

 

Les journées sont bien remplies, je trouve le temps de dessiner, je fais des portraits, et des dessins d’imagination.

Les nuits sont…interminables. Il est possible de se relever et de se rendre à la salle commune. Avec d’autres irréductibles, nous refaisons le monde.

La thérapie de groupe se déroule dans une petite salle extérieure, en forme de demi-sphère, sans fenêtre, avec juste une porte vitrée. On l’appelle la bulle. Elle porte bien son nom ; assis en arc de cercle à l’intérieur, nous racontons nos parcours de vie. Chacun l’appréhende différemment. Deux personnes quittent la cure, quand arrive pour eux le moment de s’exprimer. Les histoires, pourtant très dures, me passionnent.

Je comprends que l’addiction parvient chez chaque personne de manière variée ; insinueuse, violente, brusque, tardive ou précoce… En tous cas, elle a sa fonction.

Nous sommes divisés par groupe d’environ 10 personnes. Le petit groupe fait tout en commun.

Sauf pour les repas. Ateliers informatifs, thérapie de groupe, relaxation…

J’ai un patch pour le tabac, je ne ressens le manque ni du tabac, ni du cannabis, ni des antidépresseurs.

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