Prise de conscience - Année 2011

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Je décide de renouer avec la Réalité. De goûter la vie, sans filtres.

Lors d’une consultation avec le Dr Nowominski, nous arrêtons une date pour une cure de trois semaines à l’unité A3, le bâtiment dédié à l’addictologie de l’hôpital de Rambouillet. Dans l’attente, une panique me prend, irraisonnée, viscérale ! Dans le bureau du docteur, je craque, limite crise de nerf ; sa réponse est un silence d’un calme olympien, j’imagine pour contrebalancer ma panique.

 

Lors de ce séjour, je découvre ce qu’est réellement le soin en addictologie : écoute, rédaction d’une biographie, attribution d’une infirmière, nommée référente, avec qui le dialogue s’installe. C’est une petite structure, avec 12 patients. Nous sommes deux femmes, cela nous rapproche. J’ai une chambre pour moi. Pas de télé individuelle, contrairement aux précédentes cliniques. Je suis la seule à n’être pas ici pour l’alcool, mais pour le cannabis. Je me sens un peu décalée, car j’ai déjà beaucoup travaillé sur moi.

J’ai eu la permission d’amener mes crayons de couleurs, à la condition de ne pas m’isoler avec. Je dessine, je fais des portraits des patients. Je réalise aussi un dessin sur la dépression, qui parle à beaucoup de monde. Le refuge dans la chambre n’est pas possible, les pensionnaires doivent participer à toutes les activités, mettre le couvert pour les repas, débarrasser, et passer un coup de balai dans la salle commune.

Je suis insomniaque, et, dans les rares périodes de sommeil, je fais des cauchemars qui me traumatisent, j’ai peur de me rendormir. Je descends alors discuter avec l’infirmière de nuit. Je crois que je lui ai raconté ma vie, mes différents traumatismes, mais le lendemain, je n’ai aucun souvenir de ce que j’ai dit.

Je sors de cette cure un peu dubitative, mais sereine, car je sais que je l’ai bien préparée, et qu’il y aura un suivi au CSAPA, et au groupe de parole.

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